samedi, 13, Aoû

Bonjour Pierre! Peux-tu nous décrire brièvement ton parcours et comment tu en es venu à créer le Green Field Studio

Bonjour Luc, tout d’abord je tiens à te remercier ainsi que l’équipe du Music Maker Report pour m’avoir proposé cette sympathique rencontre, ici dans mon studio !

Mon parcours est assez long, j’ai commencé comme ingénieur du son à la fin des années 90 (aprèsmes études à l’IAD) dans le domaine de la sonorisation puis rapidement en radio à la RTBF.

Au début, nous avions l’opportunité de travailler pour toutes les chaînes radios, ce qui m’a donné l’occasion de toucher un peu à tout… un jour j’enregistrais de la musique classique pour Musiq3 et le lendemain, je pouvais travailler pour l’info !

Mais c’est avec le démarrage de Classic21 que j’ai pu aller plus vers l’enregistrement musical en commençant à côtoyer des groupes belges (comme Hooverphonic, Puggy, Arno, Ozark Henry, etc…) et internationaux (Simple Mind, Texas, Christopher Cross, …), la liste est longue !

C’est à partir de là que j’ai eu l’idée de créer mon propre studio, d’abord pour proposer un service de mixage puis d’enregistrement et de mastering.

Justement, peux-tu nous décrire un peu ton studio et ta manière de travailler ?

L’idée a été de transformer le lieux où j’habite en studio d’enregistrement. C’est cela qui donne un caractère convivial et ouvert au studio, d’où le nom « Green Field Studio ». C’est important pour moi que les musiciens se sentent bien et se trouvent dans les meilleurs conditions pour créer.

Concrètement, j’ai 4 pièces d’enregistrement qui peuvent être ouvertes ou isolées acoustiquement les unes des autres. Une pièce centrale neutre acoustiquement, une room batterie, une cabine voix/instruments et une plus grande pièce où se trouve le piano à queue, plus la régie technique. Je voulais un système qui me permette de gérer tous les types d’enregistrements qu’ils soient en « live » ou par « over dub » successifs. Aussi, dans la conception du studio (comme souvent maintenant), j’ai le choix de travailler les mixages « in the box » sur Pro Tools HD et/ou de manière analogique.


Vue d'ensemble des pièces d'enregistrement

Une autre partie aussi de mon activité, sont les enregistrements en « extérieur ». Je dispose de matériel volant et d’un parc de microphones destiné à l’enregistrement de musique « classique », musique de film ou encore de concerts. Cela m’arrive très régulièrement de répondre à ce genre demande et de faire aussi du mixage à l’image (documentaires, films, etc…)

Quels ont été tes choix au niveau matériel ? As-tu du « back-line » pour les artistes ?

Le studio s’articule autour d’un Pro Tools HD et d’une D-Command 24. J’ai mis la priorité au commencement sur le choix des pré-amplis micros (API, AMS Neve, Rupert Neve Designs, Tube-Tech, etc…) car c’est là que se fait mon « son » au départ. Une bonne prise à la base, avec déjà le choix au niveau de la couleur du son, c’est hyper important !

J’utilise des interfaces Avid HD (Omni et 16x16), des convertisseurs Burl et Crane Song suivant ce que je veux obtenir. Après, l’enregistrement et le mix se font sur Pro Tools. Suivant le type de musique, je fais soit la sommation des pistes « in the box » ou via un sommateur analogique Rupert Neve Designs, ce qui me permet de donner un grain inimitable, parfois juste pour la batterie ou un groupe d’instruments.

La liste du matériel est longue ! J’ai bien sûr les compresseurs « standards » comme un Manley Vari-Mu, un SSL Bus (toujours assez mordant !) et des Distressor. Tout cela, comme les EQ analogiques, peuvent être utilisés directement à la prise ou en insert lors du mixage.

En parlant d’EQ, une de mes nouvelles acquisitions est un EQ à lampes, le « Swift » de chez Thermionic Culture. Merci M2M ! (rires). Cet équaliseur est formidable, je l’utilise sur mon master bus ou en mastering. Il apporte toujours quelque chose, il offre un grand choix de travail dans les hautes fréquences (fonction « Air » ou « Presence » pour les médiums). L’outil idéale pour donner une orientation sonore sur tout un mixe.

Pour le monitoring, j’utilise des Adam S3XH et des PMC TwoTwo6. Deux écoutes radicalement différentes qui me permettent d’être au final très efficace ! Je les connais bien et j’ai tout de suite mes références pour chaque phase du mixage ou de l’enregistrement.

Question « back-line », le studio dispose d’un tout récent piano Yamaha C6 (demi-queue) suivit et harmonisé de façon très régulière et professionnelle. J’ai aussi sous la main une Gretsch US Custom avec un assortiment de cymbales, des amplis guitares et différents claviers analogiques (Moog, Roland Juno, Doepfer, etc…). Il m’arrive parfois de produire de la musique électronique (le studio est aussi équipé avec Live d’Ableton), étant aussi à la base passionné de synthés !

Quand je pense qu’il y a déjà 10 ans que l’on travaille ensemble, ça ne nous rajeuni pas ! Tout ton matériel est vraiment bien entretenu et ne cesse d’évoluer chaque année, en plus, tu n’achètes que du « top », On pourrait presque se croire chez m2m tant il y a du matériel venant de chez nous… 😊 Plus sérieusement, quelles ont été / sont tes motivations à travailler avec m2m et Fast Forward ?

Il y en a plusieurs ! Tout d’abord, c’est un service professionnel qui est au top. Lorsqu’on décide de lancer un studio d’enregistrement et de mixage pro, on doit pouvoir se fier à ses partenaires. Je sais qu’avec M2M, en cas de demande spéciale ou parfois de panne, je peux avoir une réaction rapide et sérieuse. Aussi, et ce n’est pas négligeable, il y a un alignement sur les prix les plus bas du marché concernant le matériel ! Alors pourquoi aller plus loin… à l’heure d’une certaine mondialisation, je trouve hyper important d’avoir un service de proximité et des personnes sur qui je peux compter. Mon studio étant basé à Ham-Sur-Heure (sud de la région carolo).

Dans ton travail avec les artistes peux-tu nous donner quelques anecdotes ? La meilleurs ou la pire ?

Elles sont nombreuses les anecdotes, chaque projets étant unique et les rencontres très diverses… Les meilleurs moments se passent quand je me sens en phase avec le projet et que je peux vraiment y apporter quelque chose ou faire bénéficier de mon expérience.

Après, il ne faut jamais oublier qu’on est au service du musicien et que c’est son projet avant tout. Il faut parfois se remettre en question et accepter le point de vue des autres.

Il y a eu des rencontres marquantes aussi, parfois avec des gens connus ou inconnus qui apportent leur vision de la musique et leur talent. Je me souviens des gens de Simple Minds, très sympathiques dans les locaux de Classic21, ou encore de Gérald De Palmas très accessible, demandant à réécouter l’enregistrement des balances de son « live » ! Certains musiciens avec qui je travaille dans mon studio sont devenus proches (par exemple le projet « Soie » d’Hélène Cambier qui a eu un Octave de la musique l’année dernière) car j’aime vraiment suivre un artiste et contribuer à faire évoluer sa musique.

Alors, pour les moments difficiles, oui, il y en a parfois ! Quand un musicien veut vraiment imposer sa vision et que pour toi, ça ne « sonne » pas bien… il faut parfois user de psychologie mais c’est souvent l’artiste qui décide au final de ce qu’il veut. Parfois, les gens sont de « passage » aussi, pour voir si ça colle ou pas avec leur projet musical, il faut pouvoir l’accepter.

Quels sont tes projets pour l’avenir ?

Pour le moment, on espère tous une reprise rapide du secteur culturel. Je ne peux pas trop me plaindre, finalement, beaucoup d’artistes ont créé et enregistré pendant cette période difficile.

Mais ici, je compte reprendre bientôt les activités « annexes » au studio comme « Les Live au Studio », qui sont des concerts intimistes destinés à mettre en valeur les artistes avec qui je travaille (et parfois d’autres !) et « La Studio Expérience » qui consiste à proposer des écoutes en stéréo ou en 5.1 de grands albums de l’histoire de la musique, avec mon collègue journaliste musical Laurent Rieppi de Classic21.

Aussi, des projets en relation avec le streaming et le tournage de capsules vidéos sont en préparation. Ce qui permettra d’utiliser plus fréquemment et de mettre en valeur le piano à queue du studio ! Cette période particulière nous a finalement permis de développer de nouveaux outils et de faire avancer certaines choses, même s’il n’y a rien de tel que d’entendre des musiciens en face de soi et surtout en vrai !

Voilà qui clôture ce petit interview. Merci Pierre de nous avoir accordé de ton temps précieux. Si vous êtes à la recherche d’un studio sérieux dans un cadre sympathique avec un ingé son compétant, « Green Field » est pour sûr un studio à prendre en considération. Pour toutes infos complémentaires :

www.greenfieldstudio.be
https://www.facebook.com/greenfieldstudiorecording
https://www.facebook.com/greenfieldstudiolive
https://www.facebook.com/studioexperiencegreenfield

L.VGR

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